La cigarette électronique : meilleure pour le sevrage?

La cigarette électronique : meilleure pour le sevrage ? Il est vrai que la cigarette électronique n’est pas un produit totalement sur pour la santé des fumeurs et qu’il n’existe pas de législation définie pour sa vente et sa circulation. Et pourtant, on peut voir désormais à travers la société à quel point ce produit a pu faire son chemin, et cela, à une vitesse vraiment incroyable. La cigarette électronique a déjà séduit plus d’un million de consommateurs en France. Le marché explose alors que celui du tabac a connu un déclin, estimé à environ 9% dès le premier semestre de cette année 2013. Ce nouveau type de cigarette sans tabac est aussi devenu une véritable star à cause du soutien que lui apportent certains experts de la santé, des pneumologues, des tabacologues ainsi que certains politiciens. C’est par exemple le cas de Béatrice Le Maître, Secrétaire Générale adjointe de l’association « Alliance contre le tabac » et tabacologue au CHU de Caen. Les pro-ecigarettes affirment qu’il n’y pas vraiment de raison de s’en méfier. Et selon Béatrice Le Maître, ce produit n’aurait rien d’effrayant étant donné qu’il ne sera jamais plus dangereux que la cigarette traditionnelle. Pour elle, même si la cigarette électronique pourrait bien contenir quelques substances nocives, ce serait dommage de s’en priver puisque le risque d’utilisation de ce produit ne serait qu’  « une goutte d’eau…par rapport à celui du tabac ». La tabacologue rappelle que la cigarette traditionnelle contient plus de 4500 produits chimiques dont une cinquantaine sont cancérigènes, pour ne citer que le monoxyde de carbone et le polonium. « Lorsque vous fumez 30 cigarettes par jour, à raison de 10 bouffées chacune, via la combustion du tabac, vous inhalez ce cocktail 300 fois, ce qui est loin d’être le cas avec la cigarette électronique! », explique-t-elle. La secrétaire générale adjointe de l’association « Alliance contre le tabac » souligne aussi qu’il est vrai qu’il manque encore des études pour juger l’absence de nocivité de la cigarette électronique notamment sur son utilisation à long terme, mais il faut savoir qu’aujourd’hui, une première étude de grande envergure est en cours en Nouvelle- Zélande dont les résultats sont attendus pour la fin de cette année 2013.Les dangers de la cigarette classique ne sont plus à démontrer. Rien qu’en France, le tabagisme tue un fumeur sur deux et fait plus de 73000 personnes chaque année. « Ne nous trompons pas de cible : ce qui est vraiment dangereux, ce qui doit faire peur, c’est de fumer du tabac. Soyons pragmatiques, ne décourageons pas les fumeurs qui s’en servent pour arrêter», déclare Béatrice Le Maître. Ce n’est pas une tâche facile pour un médecin ou pour le fumeur lui-même de réussir ou de suivre un sevrage tabagique. Béatrice Le Maître le qualifie d’ailleurs de vrai «  parcours du combattant ». « Je n’ai pas de cigarette électronique sur mon bureau en consultation, au contraire des patchs, pastilles, etc. », révèle-t-elle. Elle dit qu’elle n’encourage pas les gens à utiliser une e-cigarette mais qu’en revanche, elle en parle ouvertement avec ses patients et leur fournit quelques explications sur ce produit novateur. « Avec certains patients on en parle, et j’explique », déclare-t-elle. Selon la tabacologue, la cigarette électronique est différente d’une vraie cigarette et elle a du vrai potentiel pour aider un fumeur en jouant le rôle d’un super substitut nicotinique. « Elle leur évite le manque et la nicotine gazeuse produite par la combustion d’une vraie cigarette, néfaste pour les artères. Au bout d’un mois, ils retrouvent leur souffle et un taux de monoxyde de carbone à zéro », analyse-t-elle.La cigarette électronique est la méthode de sevrage numéro 1 des fumeurs américains. On évoque aussi aujourd’hui le fait que ce produit révolutionnaire serait plus efficace que le patch à la nicotine pour aider les fumeurs à quitter le tabac. En effet, une étude récente sur l’efficacité de ce petit gadget fumeux aurait révélé que si elle n’est pas plus efficace, elle est certainement aussi efficace que le patch à la nicotine comme aide au sevrage tabagique. C’est la conclusion d’une expérience qui a été menée par un professionnel de la santé grec, un cardiologue. Ce test aurait aussi révélé l’innocuité de cette cigarette électronique controversée, décrite comme un appareil sans tabac permettant aux fumeurs de recevoir de la nicotine en inhalant de la vapeur et non via une fumée toxique comme avec la cigarette classique. Pas de monoxyde de carbone dans le sang chez les utilisateurs de la cigarette électronique. Rappelons par ailleurs que le Professeur Konstantinos Farsalinos, du Centre de chirurgie cardiaque Onassis à Athènes, a déjà présenté au congrès européen de cardiologie à Amsterdam, une analyse prouvant que contrairement à ce qui se passe pour les fumeurs, il a été constaté que l’augmentation du taux de monoxyde de carbone dans le sang n’avait pas lieu chez les utilisateurs de la cigarette électronique. En ce qui l’étude récente néo-zélandaise, celle-ci aurait démontré l’efficacité de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique. Cependant, nous savons qu’en France, le gouvernement vient d’opter pour un renforcement de la législation sur le produit. La vente des e-cigarettes aux mineurs âgés de moins de 18 ans est interdite par la loi. La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine a aussi déjà annoncé un autre projet de loi sur l’interdiction du vapotage dans les lieux dits « publics ». Bref, la cigarette électronique serait bientôt aussi sévèrement réglementée que la cigarette traditionnelle si ce projet aboutit. Chris Bullen a publié le résultat de son étude dans le journal médical britannique The Lancet. Ce test a montré que l’efficacité de la cigarette électronique est comparable à celui du patch à la nicotine pour aider les fumeurs à arrêter sur une période d’au moins six mois. Ayant porté sur un échantillon de 657 fumeurs qui voulaient tous en finir avec leur addiction au tabac, c’est-à-dire arrêter de fumer, cet essai aurait montré une efficacité un peu plus grande pour la cigarette électronique mais que la différence entre celle du patch à la nicotine a été jugée «statistiquement non significative». Avec la cigarette électronique, 7,3% du panel auraient réussi à décrocher définitivement en une période de 13 semaines et ceux qui ont utilisé des patchs à la nicotine et qui ont réussi leur sevrage représenteraient 5,8%. En revanche, la cigarette électronique l’a emporté sur un autre point. Elle s’est avérée beaucoup plus efficace que les patchs sur la plan « réduction » de la consommation de tabac pour le reste du panel, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas réussi à se débarrasser complètement de la cigarette traditionnelle. 57% ont réussi à réduire de moitié leur consommation de tabac, voire plus, grâce à l’utilisation de la cigarette électronique contre seulement 41% chez les participants qui ont utilisé le patch. Etudes insuffisantes en nombre et en pertinence, législation non définie, aucun statut…Des millions d’adeptes à travers le monde…la cigarette électronique reste malgré tout très appréciée.

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