La cigarette électronique : les Canadiens s’y mettent

La cigarette électronique est un produit hi-Tech qui a été mis au point par un pharmacien chinois du nom de Hon Lik.

En une dizaine d’années seulement, ce produit novateur a fait son chemin et a pu séduire des millions de personnes dans le monde. En France, les estimations parlent de près de 1,5 millions d’adeptes. Le nombre total des américains qui utilisent la cigarette électronique aujourd’hui est estimé à plus de 4 millions.cigarette-electronique-canada

Rappelons que les cigarettes électroniques ou e-cigarettes sont des appareils alimentés par une batterie qui chauffe de la nicotine sous forme liquide. Cette préparation spéciale est ensuite transformée en vapeur et c’est cette vapeur qui est inhalée par les utilisateurs de l’appareil. Pour ceux qui n’auraient jamais vu une e-cigarette, sachez que ces dispositifs ressemblent à de vraies cigarettes, c’est-à-dire les cigarettes dites classiques, mais cette invention datée de l’année 2003 ne contient pas de goudron et selon ce qu’on sait jusqu’ici, elle contient beaucoup moins de substances toxiques par rapport à son prédécesseur.

Les promoteurs les présentent comme une alternative plus saine qui peut aider les fumeurs à combattre leur addiction au tabac, un moyen qui serait meilleur que la gomme et les timbres de nicotine pour les sevrages.

Les ventes d’e-cigarettes ont grimpé en flèche au cours des cinq dernières années dans le monde, notamment en Europe et aux Etats-Unis.  Selon les estimations des analystes économiques, ces ventes sont passées de 20 millions de dollars en 2008 à plus de 1 milliard de dollars cette année. On compte parmi ceux qui apprécient ce petit gadget à vapeur des personnes célèbres comme Leonardo DiCaprio , Lady Gaga , Johnny Depp et Katherine Heigl, Britney Spears ou encore la grande star du rock français Johnny Haliday et encore tant d’autres.

Le nombre de boutiques de ventes spécialisées ne cesse également d’augmenter. Chaque jour, il y a toujours de nouveaux magasins qui ouvrent…

« Les affaires sont bonnes parce que ça marche », a déclaré Meshaila Connors, le propriétaire d’un nouveau magasin implanté à Glasgow au Canada.  » Le produit donne tout ce qui est essentiel pour un fumeur et tout ce dont il a besoin sans nuire à son corps et il n’y a pas de fumée secondaire « , explique-t-il.

Cependant, certains responsables du ministère de la santé canadien estiment qu’il existe encore trop peu de recherches sur les e-cigarettes et ils craignent que les fumeurs ne soient tout simplement en train de passer d’une dépendance à la nicotine à une autre. La cigarette électronique est très controversée mais elle est toujours là…il n’y a pas de réglementation universelle pour sa commercialisation et son statut n’est pas encore défini.

Connors voit les choses différemment et il ne pense pas que la cigarette électronique puisse faire du mal à son usager. C’est aussi un produit lucratif: en quatre mois, il a fait plus de 500.000 dollars de chiffres d’affaires et des projets pour de nouveaux emplacements à Antigonish, à Sydney et à Halifax sont en cours. «Je suis inscrit, je paie mes impôts comme tout le monde, et mon entreprise est assurée », a déclaré Connors. «Il n’y a rien d’illégal. C’est ainsi. Il n’y a tout simplement pas de loi. »

Mais certains professionnels de la santé exigent des règles plus strictes. Selon le Dr Robert Strang, le médecin-chef de la province, la crainte est  qu’on découvre seulement dans quelques années les côtés sombres des e-cigarettes, c’est-à-dire leur nocivité.

« Prendre des précautions, ne pas créer de problèmes et assouplir les choses par la suite, plutôt que d’être laxiste dès le début et devoir régler un problème majeur seulement après les faits», a-t-il déclaré.

Les clients sont toutefois volubiles. Beverly Turple, une adepte raconte qu’elle a remplacé ses cigarettes régulières avec les e-cigarettes il y a plus de deux ans. « Vous n’accumulez pas toutes ces cochonneries dans vos poumons et vous ne vous réveillez pas avec une toux agaçante et des  étouffements le matin », témoigne-t-elle.

Une autre ancienne fumeuse, Ashley Pendleton, raconte qu’elle est passée à la cigarette électronique il y a deux semaines et elle déclare que ce produit est une véritable aide, non seulement pour ses poumons mais aussi pour son porte-monnaie. « Avant, j’ai dépensais 13 dollars par jour pour fumer, maintenant, je suis passé à 9 dollars seulement par semaine pour une e-cigarette (e-liquide) », explique-t-elle.

Dans le Minnesota, les e-cigarettes sont considérées autrement.

Les e-cigarettes y sont considérées comme un produit du tabac et comme dans la plupart des états, sa vente aux mineurs est interdite par la loi. Actuellement, l’utilisation de l’e-cigarette ne répond pas à la définition de « fumer ». De ce fait, l’utiliser dans les lieux publics comme les bars et restaurants ne devrait pas être interdit par la loi. Depuis que les lieux de travail sont devenus des zones anti-fumeurs en 2007 au Minnesota, l’air intérieur des espaces  professionnels est devenu normal. Ce résultat satisfaisant a amené  85% des habitants à soutenir la loi anti-tabac dans tout l’État. De nombreux entreprises et d’autres établissements sont en train de prendre des mesures similaires pour limiter également l’utilisation des e-cigarettes.

Toutes les communautés à travers le Minnesota sont en train de prendre des mesures sévères sur l’utilisation de la cigarette électronique. La ville de Duluth a interdit l’utilisation des e-cigarettes dans toutes les lieux où fumer est interdit, y compris les bars, les restaurants et les arrêts d’autobus. La ville a également interdit l’échantillonnage des produits du tabac dans les magasins détaillants, y compris les e-cigarettes  et les autorités exigent que toutes les e-cigarettes vendues restent derrière le comptoir.

La ville de Mankato, située aux Etats-Unis, a interdit aux magasins pour e-cigarette de fournir des échantillons aux clients et exige également que chaque vendeur obtienne une licence détail pour la vente des produits de tabac.

Même si la FDA détient le pouvoir pour réglementer les cigarettes électroniques, il reste encore de différentes étapes à suivre et différentes mesures à prendre. De ce fait, de nombreuses entreprises et associations gouvernementales choisissent de réglementer ces nouveaux produits par eux-mêmes.

La bataille juridique fait rage aux Etats-Unis. Le Canada semble encore être dans une autre ère ! Il semble que les Canadiens peuvent encore vapoter tranquille pour quelque temps.

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